la carte géomorphologique

Publié le par MANSOUR HADJERES

présentation

 à l'analyse des processus responsables des répartitions actuelles ou passées. Elle s'attache à caractériser les formes suivant leur nature mais aussi suivant leurs dimensions spatiales. Elle propose une démarche naturaliste fondée sur la reconnaissance et la classification raisonnée des objets ; ensuite, elle s'appuie sur la science des processus physiques, chimiques ou biologiques pour comprendre l'évolution des phénomènes ; enfin, c'est un savoir qui envisage les interactions complexes qui s'exercent à différentes échelles sur la Terre. La géographie physique fournit donc des outils efficaces pour comprendre les multiples relations entre les sociétés et leur environnement "naturel". La géographie physique, qui propose une lecture des répartitions, est un outil efficace pour appréhender les dynamiques en relais et étudier l

"La géographie physique s'applique à l'étude des objets naturels observés sur la planète et eurs interférences avec les activités des sociétés."

Charles Le Cœur (coord.) - Eléments de Géographie physique. 1996. Bréal.


la carte géomorphologique 

 C'est une carte qui présente les différents éléments du relief observables dans le paysage. Elle tient compte de la topographie et de la structure. Elle a un but explicatif : comprendre la formation du relief.

A cette fin, la carte géomorphologique doit donc fournir un inventaire complet des données d'observation concernant le relief et celles nécessaires à son explication.

 

1 - Les données à cartographier

Cinq types

- données morphographiques (purement descriptives)

1- les formes de relief correctement identifiées

ex : un abrupt topographique = une cuesta ou un crêt ou un escarpement de faille.

2 - les formes de dissection, d'ablation et d'accumulation (= modelés) qui confèrent au relief son originalité morphoclimatique.

 

- données morphométriques doivent permettre d'évaluer l'ampleur des dénivellations et la valeur des pentes. Ces données sont incorporées aux symboles ou exprimées par des cotes, des courbes de niveau significatives.

 

- données structurales (explicatives) rapport entre le relief et le bâti rocheux => c'est une sélection des données importantes de la carte géologique.

ex : lithologie (résistance à l'érosion des roches).

 

- données morphogéniques (rendent compte des conditions et modalités de l'élaboration du relief). ± incorporé dans les figurés des différents types de modelés. Description très fine des dépôts corrélatifs, notamment quaternaires, qui sont largement ignorés par les cartes géologiques.

 

- données chronologiques succession dans le temps des différentes générations de formes. Se déduit de leur étagement ou emboîtement mais il convient de préciser leur âge par l'exploitation des données fournies par les fossiles, les industries lithiques, les datations absolues… Cela permet de différencier les formes héritées des formes vives (= reflet de l'érosion actuelle).

 

2 - Les principes de la représentation cartographique

Base de données levés systématiques sur le terrain, photographies aériennes, images satellitaires, cartes topographiques, cartes géologiques => en tant que synthèse de tous ces éléments, la carte géomorphologique va être très complexe, d'où la nécessité d'homogénéiser les systèmes de représentation.

 

21 - le code couleur

On attribue une signification génétique à la couleur chaque système morphodynamique ou agent morphogénique est affecté d'une couleur conventionnelle

- ruissellement concentré vert émeraude

- action diffuse des eaux vert olive

- eaux souterraines, karst bleu vert

- périglaciaire (gel) pourpre

- glaciaire violet

- éolien (aride) ocre jaune

- littoral (mer) outremer

- bioconstructions vert bronze

- interventions anthropiques noir

Comme toujours, ces règles peuvent transgressées (surtout dans les zones à faible variété morphodynamique) ; il faut donc se référer à la légende.

Les variations d'intensité dans la teinte des couleurs permettent de visualiser l'âge des modelés et des dépôts. Trois nuances (perception maximale de l'oeil) pour diviser le Quaternaire en liaison avec les grandes divisions de cette ère géologique (plus foncé = Récent, plus clair = Ancien). Des précisions typographiques sont également possibles (lettres, chiffres).

 

22- la codification symbolique

Des signes simples et suggestifs servent à représenter les formes et les dépôts, ils doivent être si possible dessinés à l'échelle de la carte. Dans le cas contraire, être regroupés par zone. Des valeurs dimensionnelles peuvent être attribuées aux signes morphographiques.

Les formations superficielles (FS) sont représentées si leur épaisseur > 0,25 m. Au-delà de 0,75 m, le substrat rocheux n'est plus figuré (normalement). Les trames varient en fonction du degré de consolidation de la FS, ce sont généralement des hachures vert olive (action diffuse de l'eau). Cartographiquement, on représente les FS par des signes granulométriques de la couleur de base du système morphogénique qui les a mises en place.

 

3 - la méthode cartographique

Les informations sont classées en six familles

1 - la topographie (brun foncé) qui est calquée sur la carte topographique

2 - l'hydrographie continentale (bleu clair) ou marine (bleu foncé)

 

3 - la structure

31 - la lithologie (trames dans la couleur de base du domaine morphostructural auquel elles appartiennent. Plus la roche est résistante, plus la teinte est forte.

32 - la tectonique (gris) on fait figurer les accidents tectoniques qui guident directement ou qui expliquent les formes du terrain.

33 - les domaines morphostructuraux ce sont des unités de dimension continentale ou régionale (petite échelle), on les individualise par des associations de formes structurales significatives ou des plages colorées spécifiques (socle, bassin sédimentaire, chaîne active, massif volcanique).

34- les formes structurales (aclinale, monoclinale, plissée, faillée, volcanique, massive, discordante).

 

4 - les systèmes morphogéniques

41 - le système glaciaire système dans lequel les précipitations, la rétention et l'écoulement des eaux se font principalement sous la forme solide (neige et glace). Couleur violet.

42 - le système périglaciaire il concerne les régions où la température oscille autour de zéro degré au cours de l'année (hautes latitudes = zone ; hautes altitudes = étages), mais il concerne également les régions tempérées qui supportent périodiquement des hivers froids. De plus, les oscillations climatiques quaternaires ont laissé de nombreux héritages périglaciaires dans les régions tempérées. Les alternance gel / dégel sont les principaux acteurs morphogéniques. Couleur pourpre.

 43 - le système fluvial (ruissellement concentré). Les formes engendrées par l'érosion linéaire (creusement et élargissement du lit du cours d'eau, transport puis dépôt des alluvions) existent à toutes les échelles et à toutes les époques (dépôts résiduels, étagés, fossiles, bras mort). On les représente en vert émeraude (le réseau hydrographique étant lui en bleu clair). Les formes et formation lacustres sont désormais intégrées dans le domaine hydrographique (bleu clair), mais les limites sont parfois figurées en vert émeraude.

44 - le système éolien il concerne les effets géomorphologiques du vent, enlevant, transportant et déposant des particules solides de petite dimension. C'est un système azonal (= système fluvial), mais son expression dans le paysage est d'autant plus frappante que les milieux sont arides, peu accidentés et dénués de végétation (déserts). Couleur ocre jaune.

 

5 - les domaines géomorphologiques

Le modelé des régions géomorphologiques répond généralement aux contraintes imposées par plusieurs systèmes morphogéniques agissant simultanément ou successivement, les combinaisons résultantes étant sous le joug d'un ou plusieurs facteurs dominants ces domaines géomorphologiques peuvent être marqués par soit la lithologie (domaine karstique), soit la géodynamique (domaine volcanique), soit l'hypsométrie (domaine des hautes montagnes), soit un climat particulier (domaine tropical) ou bien par sa situation d'interface (domaine littoral).

51 - le domaine karstique

La morphologie est issue essentiellement des processus de dissolution par l'eau circulant dans les vides des roches. Cette dissolution concerne principalement les roches carbonatées (calcaires ou dolomitiques), mais aussi quelques roches non calcaires (gypse, sel).

Une couleur est réservée à l'action des eaux souterraines (bleu vert), mais dans le cas d'une carte essentiellement consacrée au karst des couleurs spécifiques peuvent être retenues.

 52 - le domaine volcanique

Reliefs postiches qui viennent masquer tout ou partie des topographies préexistantes. Couleur orange. Les modifications du relief primitif étant signalées par l'emploi des couleurs propres aux systèmes concernés.

 

6 - les actions anthropiques

Recense toutes les interventions directes ou indirectes des activités humaines terrassements, remblais, constructions, digues, terril, carrières. Couleur noir.

 




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